33 ONG appellent l’UE à prendre rapidement des mesures pour réduire tous les impacts climatiques du transport aérien
décembre 4, 2020
  • Une nouvelle étude pour la Commission européenne montre clairement que l’impact climatique du transport aérien est bien pire que ce qui est dit et répété.
  • Malgré cela, la Commission européenne ne propose pas d’action pouvant entrer en application avant 5 à 8 ans.
  • Les ONG réclament une réduction durable du trafic aérien et une transition juste

Vienne/Bruxelles, 3 décembre 2020 – Aujourd’hui, 33 ONG ont envoyé une lettre ouverte aux présidents des trois institutions européennes, les pressant de ne pas perdre de temps dans la lutte contre l’ensemble des émissions de l’aviation néfastes pour le climat. Leur demande fait suite à un récent rapport pour la Commission européenne, qui reconnaît que l’impact du trafic aérien sur le climat est environ trois fois plus important que celui du CO2 seul. Les organisations signataires, parmi lesquelles Stay Grounded, Greenpeace, le Réseau Action Climat Europe et Transport & Environnement, demandent une action politique immédiate pour réduire l’ensemble des impacts climatiques de l’aviation. Le moyen le plus efficace d’y parvenir est de faire baisser le trafic aérien et de s’assurer qu’il ne revienne pas aux niveaux pre-COVID.

Ce rapport souligne ce que nous disions depuis longtemsp déjà : le transport aérien est trois fois plus néfaste pour le climat que ses émissions de CO2 seules. L’UE doit prendre des mesures dès maintenant pour prendre en compte l’ensemble des émissions des avions impactant le climat ! Le trafic érien ne doit pas revenir à son niveau d’avant la pandémie à coups de subventions coûteuses,” déclare Magdalena Heuwieser, porte-parole de Stay Grounded, un réseau mondial de 170 associations oeuvrant pour une mobilité compatible avec la justice climatique.
Le rapport de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) reconnaît que l’impact de l’aviation sur le climat est environ trois fois plus important que celui du seul CO2 : les impacts autres que ceux du CO2 , principalement celui des cirrus induits par les traînées de condensation et celui des NOx, sont au total deux fois plus néfastes pour le climat que ceux du CO2. “Il est préoccupant que, dans son analyse destinée au Parlement et au Conseil, la Commission européenne affadisse le message des scientifiques et reporte à plus tard les actions nécessaires. Les mesures ne doivent pas être prises dans 5 à 8 ans comme le propose la Commission européenne, mais aujourd’hui !” s’indigne Magdalena Heuwieser. Le 9 décember, la Commission doit rendre publique sa « stratégie pour une mobilité durable et intelligente ». Les ONG demandent qu’y soient incluses des mesures effectives pour réduire l’ensemble des impacts climatiques du transport aérien.

« Ce rapport souligne ce que nous disions depuis longtemps déjà : le transport aérien est trois fois plus néfaste pour le climat que ses émissions de CO2 seules. L’UE doit prendre des mesures dès maintenant pour prendre en compte l’ensemble des émissions des avions impactant le climat ! »

– Magdalena Heuwieser, Stay Grounded

Dans leur lettre, les ONG font trois demandes :

  1. Des mesures doivent être prises pour réduire le nombre de vols intracommunautaires et internationaux. Les vols courts courriers doivent être interdits lorsqu’il existe une alternative moins néfaste pour le climat. La construction et l’extension d‘aéroports doivent cesser. Toutes les subventions aux compagnies aériennes et aux aéroports doivent également cesser, y compris les exonérations fiscales sur les billets et le carburant. Au lieu d’accorder des aides inconditionnelles à l’industrie aéronautique, les plans de relance doivent financer un processus de transition vers un système de transport durable, juste pour les salariés, avec des investissements dans des solutions de remplacement comme le transport ferroviaire et des navires propulsés par des énergies renouvelables.
  2. L’UE et les États membres doivent tenir pleinement compte des impacts autres que ceux du CO2 . En vertu du principe de précaution, les émissions de CO2 des avions doivent être multipliées par 3 dans les systèmes de déclaration des gaz à effet de serre, y compris dans les inventaires nationaux d‘émissions.
  3. Des solutions prometteuses pour atténuer les impacts autres que ceux du CO2, telles que l’évitement des zones de formation de traînées de condensation, doivent être recherchées sans délai. L’UE doit donner de la visibilité à la réglementation des impacts hors CO2 qui pourraient orienter le choix des technologies et des carburants pour les avions du futur. Elle doit le faire bien avant 5 à 8 ans en raison de la longueur des délais de développement et de certification.

La lettre ouverte a été signée par : Stay Grounded, Greenpeace, CAN Europe (Climate Action Network), Transport & Environment, Carbon Market Watch, Germanwatch, Ecologistas en Acción, Milieu Defensie, Réseau Action Climat, NOAH – Friends of the Earth Denmark, UECNA (European Union Against Aircraft Nuisance), UFCNA (Union Francaise Contre les Nuisance des Aéronefs), Robin Wood, Zaļā brīvība, Schipholwatch, Am Boden bleiben, Aterra, Periskop, Umanotera, Erasmus by Train, Protect Our Winters Europe, Global Anti-Aerotropolis Movement, Airport Watch, Zomer Zonder Vliegen, BAW Fluglaermschutz Hamburg und Schleswig-Holstein, Safe Landing, AbibiNsroma Foundation, Alofa Tuvalu, cBalance solutions hub, 350 Seattle, Flight Free Australia, Flight Free Germany, Coordination of Indigenous Peoples and Organisations Eastern Mexico State CPOOEM

 

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Magdalena Heuwieser

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